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Des choix plus judicieux :
Un hôpital s’inspire de données probantes pour mettre en oeuvre efficacement de nouvelles technologies et pratiques cliniques
Numéro 24, juin 2009
MESSAGES CLÉS
- Les décideurs des hôpitaux s’efforcent de faire les choix les plus judicieux pour l’implantation de nouvelles technologies et pratiques cliniques décuplant les bienfaits pour la santé, réduisant les risques et contenant les coûts.
- Les organismes d’évaluation des technologies de la santé (ETS), sur les scènes nationale et internationale, peuvent fournir un vaste corpus de données probantes susceptibles d’éclairer ce type de décisions.
- Québec a exigé la création d’unités d’ETS en milieu hospitalier adaptant leurs travaux aux réalités et aux besoins particuliers des organismes, de sorte que leurs recommandations puissent être plus facilement mises en oeuvre à l’échelle locale.
Même si les nouvelles technologies et les pratiques cliniques recèlent de grandes possibilités, leur instauration ne va pas sans difficulté pour les organismes de santé. Les décideurs des hôpitaux doivent comprendre les nouvelles technologies et déterminer si elles décupleront les bienfaits pour la santé, réduiront les risques et contiendront les coûts. Ils peuvent compter sur les données probantes des organismes d’évaluation des technologies de la santé (ETS) pour orienter leurs décisions.
Bon nombre d’organismes d’ETS sont plus présents sur les scènes nationale et internationale. Toutefois, depuis 1992, le Québec prescrit à tous les hôpitaux d’enseignement de se doter d’une ETS. C’est en réponse à cette requête que le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) a mis sur pied l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS). S’inspirant de l’unité du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – l’une des premières unités du genre à voir le jour en milieu hospitalier au Québec – l’UETMIS est maintenant reconnue comme l’une des unités d’ETS en milieu hospitalier les mieux intégrées de la province. (L’unité d’ETS de McGill a fait l’objet du premier numéro de Pratiques prometteuses dans l’utilisation de la recherche).
L’UETMIS a également participé à deux autres initiatives clés. La première consistait en la création d’une table sectorielle où les principaux dirigeants de divers districts et organismes de santé de la région de Québec ainsi que les doyens des facultés de médecine, de pharmacie et de sciences infirmières de l’Université Laval se rencontraient et mettaient en commun leurs
connaissances. La seconde consistait à participer activement dans l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), chargé de fournir au ministère québécois de la Santé et des Services sociaux avis et conseils sur les technologies de la santé, les déterminants sociaux de la santé, les modes d’intervention et les pratiques exemplaires en santé.
L’UETMIS établit un processus de hiérarchisation des plus rigoureux. Dans un premier temps, elle invite trois groupes d’intervenants – gestionnaires, professionnels de la santé et cliniciens – à présenter des questions aux fins d’évaluation, lesquelles portent, par exemple, sur le pour et le contre de la nouvelle pratique ou technologie proposée, sur les besoins des groupes de patients et du personnel touchés par l’implantation de ces nouvelles technologies ou pratiques, ou encore sur les coûts ou les économies éventuels. Un comité formé de représentants de tous les niveaux organisationnels étudie ensuite les questions posées par les trois groupes. Selon les critères établis – la conformité des questions avec les priorités organisationnelles arrêtées et l’incidence possible de la technologie sur la santé individuelle ou collective –, le comité étudie une question de chacun des groupes d’intervenants.
L’UETMIS a à coeur de favoriser la collaboration et l’établissement et le maintien de relations étroites entre les divers groupes d’intervenants. « Ces derniers ne se contentent pas d’attendre que nous leur fournissions réponse à leurs questions, souligne Chantale Simard, coordonnatrice administrative des activités d’ETMIS, ils participent activement à toutes les étapes de l’évaluation. »
Un des groupes d’intervenants a soulevé récemment la question des risques d’infection nosocomiale associés à l’administration intraveineuse des substances de contraste lors des examens TACO (tomodensitométrie axiale assistée par ordinateur). L’UETMIS a recueilli des données probantes, mené une recherche documentaire et créé un groupe de travail pluridisciplinaire composé d’experts de ce domaine. Elle a aussi étudié l’information provenant des questionnaires soumis à sept hôpitaux d’enseignement du Québec. À l’issue de cet examen, l’Unité a recommandé de poursuivre la pratique en vigueur en y apportant quelques modifications afin de minimiser les risques d’infection. Elle a recommandé en outre d’officialiser les nouvelles pratiques et de les enseigner au personnel.
« Ce projet illustre bien de quelle manière l’UETMIS facilite la tâche des décideurs de l’hôpital tenus de prendre des décisions ardues
en évaluant non seulement les données cliniques, mais aussi les autres facteurs qui influent sur la prise de décisions ayant des répercussions tangibles dans la vie des patients, affirme Chantale Simard. Nous pouvons ainsi procéder à une répartition plus judicieuse des dépenses afin d’accroître les bienfaits pour la santé ou, dans le cas de l’administration intraveineuse des substances de contraste, de diminuer les risques. »
L’ETS a eu des retentissements favorables non seulement sur ceux et celles qui en sont directement touchés, mais aussi sur le CHUQ dans son ensemble. La Dre Isabelle Germain, chef du département de radio-oncologie, explique qu’en contribuant à l’évaluation, à l’adaptation et à l’instauration de nouvelles technologies, l’UETMIS a permis au département de se situer à la fine pointe de la pratique clinique. L’hôpital a ainsi été reconnu comme l’organisme qui souscrit à certaines des normes d’excellence les plus élevées en Amérique du Nord.
Depuis sa création en 2006, l’UETMIS a procédé à deux évaluations approfondies. Elle a aussi mené à bien plusieurs projets complémentaires qui appuient le processus intégral de fonctionnement des ETS, sur une moins grande échelle, y compris des opinions préliminaires, fondées sur une revue documentaire restreinte. Les notes informatives, un autre projet novateur, résument les rapports d’évaluation produits par d’autres organismes. On y aborde des questions comme la détermination du nombre optimal de lits dans une unité de soins, les moyens de maximiser l’utilisation d’un certain type d’équipement et l’incidence financière de l’acquisition d’équipements polyvalents par opposition au matériel à usage unique. Présentement, l’Unité se penche sur les temps d’attente en chirurgie pédiatrique au Canada, projet qui porte sur l’élaboration de points de repère interprovinciaux et qui comprend une analyse de données provenant de diverses sources.
Pour plus de renseignements, communiquer avec Chantale Simard, à ou consulter le site du CHUQ. Pour accéder aux rapports d’évaluation, visitez le http://www.chuq.qc.ca/fr/evaluation/uetmis/evaluations/.